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La sorcellerie chez Disney
Les
sorcières nous ont bercé de leurs bras noueux depuis
notre plus tendre enfance. Pour la plupart d'entre nous, la première
évocation des jeteuses de sorts n'est-elle pas personnifiée
par la marâtre de Blanche-Neige ? Cruelle et jalouse, cette
dernière maquillera par magie sa jeunesse et sa voix pour
éliminer de ses propres mains celle qui a l'audace de la
surpasser en beauté. C'est vieille, laide et ricanante,
le nez verruqueux et les doigts crochus serrés autour de
la fameuse pomme empoisonnée qu'elle hante nos souvenirs.
Rappelons que Blanche-Neige et les Sept Nains
(Walt Disney, 1937) est le premier dessin animé long métrage
parlant et en couleurs !
Quelques années plus tard,
on retrouve Mickey en apprenti sorcier,
curieux et désobéissant, dans le chapitre éponyme
de Fantasia (1940), sur la musique du compositeur français
Paul Dukas. La souris la plus célèbre
aura fort à faire pour réparer les dégâts
causés par les balais ensorcelés.
Presque
vingt ans après, une autre sorcière allait marquer
les mémoires. Maléfique, souveraine du Royaume des
Forces du Mal, vexée de ne point avoir été
conviée au baptême de la princesse Aurore, tient,
à l'instar des trois bonnes fées, à offrir
un don au bébé. Il s'agira plutôt d'une malédiction:
avant son seizième anniversaire, l'enfant se piquera le
doigt au fuseau d'une quenouille et mourra ! (La Belle
au Bois Dormant, 1959). Jetant un froid sur l'assemblée
réunie pour ce qui aurait dû être des réjouissances,
elle s'évanouit dans un effet de flammes et de lumières
des plus réussi pour rejoindre son château sur la
Montagne Interdite. Plus loin dans le récit, elle utilisera
encore la magie pour se métamorphoser en un terrifiant
dragon.
Si les contes célèbres
regorgent de sorcières qui ont inspiré Disney pour
ses films, il en est autant des mythes et légendes. C'est
ainsi que dans Merlin l'Enchanteur (1963),
qui retrace un épisode de l'enfance du jeune Arthur jusqu'à
son exploit – l'extraction de l'épée Excalibur,
fichée dans une enclume – et son accession au trône
d'Angleterre, on rencontre l'alter ego de l'enchanteur Merlin…
la sautillante Madame Mim. On trouve encore dans ce film une séquence
mémorable de métamorphoses, lors du duel –
à la baguette – entre les "magiciens".
Suivant
de peu Mary Poppins (1964) et sa nounou
aux pouvoirs magiques surprenants (incarnée par une Julie
Andrews trop gentille pour répondre aux critères
de sélection qui définissent les sorcières),
les studios Disney réitèrent la prouesse technique
de la combinaison d'images réelles et d'animations avec
L'apprentie Sorcière (sous la
direction de Robert Stevenson, 1971). Angela
Lansbury y incarne une sorcière débutante
qui possède néanmoins la faculté de faire
voler un lit – presque mieux que son balai – et qui
entraîne trois orphelins sur une île où va
se dérouler une étrange partie de football.
Plus près de nous et originale
dans sa forme, la sorcière des mers de La Petite
Sirène (1989), Ursula – dont on a encore
la prestation vocale de Micheline Dax à
l'oreille –, n'est autre qu'une énorme pieuvre à
la poitrine généreuse. Pour atteindre le Roi Triton,
dont elle brigue la place et le pouvoir, elle va conclure un pacte
malhonnête avec la fille de celui-ci, Arielle. Cette dernière,
amoureuse d'un prince humain, est en effet prête à
tout pour changer sa queue de sirène contre une paire de
jambes, y compris à accepter de "perdre" sa voix
!
En
1991, une sorcière à une rôle secondaire mais
déterminant dans l'histoire de La Belle et
la Bête. Il s'agira, cette fois encore, d'une
malédiction. Pour punir une jeune égoïste orgueilleux,
la magicienne déguisée en vieille femme, qui s'est
vu refuser un toit pour la nuit, changera le prince en monstrueuse
créature. Pire, s'il ne parvient pas à aimer et
à se faire aimer en retour avant son vingt-et-unième
anniversaire, il gardera sa forme bestiale pour toujours ! Elle
ne lui laissera que deux objets magiques pour se rappeler sa condition:
un miroir lui permettant de voir n'importe quel lieu à
l'extérieur du château "enchanté"
et une rose qui perdra son dernier pétale le jour J.
L'année suivante c'est le
sinistre sorcier Jafar qui donnera du fil à retordre à
Aladin (1992), dans cette version revisitée
d'un conte des Mille et Une Nuits.
1993
marquera, chez Disney, l'évocation la plus proche du folklore
en terme de sorcières, dans un film retraçant l'histoire
des sœurs Winifred (Bette Midler, Sarah
Jessica Parker et Kathy Najimy), condamnées
au bûcher à Salem et qui reviendront, trois cent
ans plus tard, hanter la petite ville, briguant cette fois la
jeunesse éternelle (Hocus Pocus,
Les Trois Sorcières,
Kenny Ortega, 1993)
Et en 2000, Isma, l'horrible conseillère
de l'empereur, est virée par caprice et n'a plus qu'une
idée en tête: se venger et usurper le pouvoir. C'est
dans son labo secret qu'elle concocte ses potions magiques, dont
le poison mortel qu'elle compte faire ingérer à
Kuzco. Mais les choses ne fonctionneront pas pour elle comme prévu
et une erreur de flacon transformera l'empereur honni en…
lama ! (Kuzco, l'Empereur Mégalo).
On le voit, les sorcières
ne sont pas présentes dans nos foyers uniquement lors de
la nuit d'Halloween. En leur qualité de "méchantes"
dans les dessins animés de Disney, elles n'ont pas fini
de jeter des charmes et autres maléfices pour effrayer
petits et grands.
Valérie Frances
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