L’horreur "made in USA"
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Poe (1809-1849)
Qui ne connaît pas Edgar Allan Poe ? Une œuvre magistrale,
fondatrice aussi bien pour les Etats-Unis que pour l’Europe
occidentale. Un fantastique marqué du sceau de la perversité
(voir notre numéro 8 consacré à Poe et
Lovecraft). Un auteur marqué par le destin qui y puisera
sans doute une force d’écriture sombre et d’une
force impressionnante. Un des seuls auteurs a avoir abordé
aussi bien le gothique , en le parodiant certes (Metzengerstein,
1832) que le fantastique intérieur. Ses nouvelles dont
on trouve un large échantillon dans Histoires extraordinaires
posent les bases du fantastique moderne.
O’Brien
(1828-1862)
Irlandais de naissance, Fitz James O’Brien tire son œuvre
d’inspirations largement ancrées dans la culture
européenne. Basés sur les grandes mythologies
et les thèmes à succès de la vieille Europe,
ces récits font office d’un certain classicisme.
Petite touche originale peut-être à rechercher
du côté de la présence et de l’importance
donnée à l’œil (La lentille de diamant,
Le Forgeur de merveilles...). Il n’en reste que O’Brien
compte parmi les pères fondateurs du genre fantastique
en Amérique. On lira avec délectation «
La Chambre perdu e » et les admirateurs de Lovecraft se
jetteront sur « Qu’était-ce ? »...
Bierce
(1842-1914)
Ambrose Bierce est un maître de l’horreur. Un humour
grinçant, un jeu perpétuel avec la mort dans tout
ce qu’elle a de repoussant et un goût prononcé
pour le morbide fait de l’œuvre de Bierce une base
essentielle du développement du genre aux Etats-Unis.
Au même titre qu’un Poe ou un Lovecraft, Ambrose
Bierce lance un énorme pavé dans la mare des origines
du Fantastique américain. Un pavé lourd et noir.
Il est vrai que la vie ne l’a pas gâté. Un
films mort en duel, un autre tué par l’alcool,
une femme qui le laisse seul. Il terminera son existence en
allant rejoindre Pancho Villa et la révolution mexicaine
à 71 ans. On ne retrouvera plus trace de lui à
partir de 1914...
Pour
tous les amateurs de récits amers, on ne peut que conseiller
cet auteur surnommé Bitter Bierce. Deux recueils de nouvelles
vous donneront un large éventail de son talent et hanteront
vos nuits glacées : Histoires impossibles et Le Mort
et son veilleur.
James
(1843-1916)
Le plus brittish des auteurs fantastiques américains
est l’auteur d’une œuvre admirable : Le Tour
d’écrou (les connaisseurs qui ont vus le film The
Others avec la sublime Nicole Kidman auront sûrement fait
le rapprochement à la vison de ce film). Henry James
a côtoyé de près le paranormal. Un père
ayant vu des fantômes et un frère spécialiste
de l’occulte lui ont donné les bases pour ses plongées
en étrange. C’est d’ailleurs dans la création
d’atmosphères tendues que James excelle dans son
écriture. Chez James, le macabre est abandonné
au profit du non-dit, du caché, de ce souffle froid sur
la nuque...
Gilman
(1850-1904)
Enfin, une femme. Et quelle femme ! Charlotte Perkins Gilman
fut une activiste féministe des plus débordantes
d’énergie. Côté fantastique, on ne
connaît d’elle que le récit « La Chambre
au papier jaune ». L’histoire d’une femme
« enfermée » dans une pièce qui deviendra
complètement obsédée par le papier-peint
de cette chambre. Une superbe descente dans la folie... à
moins que...
Crawford
(1854-1909)
Francis Marion Crawford ne compte pas parmi les grands du fantastique
américain. Cet intellectuel, extrêmement doué
pour les langues, a néanmoins séduit nombre d’auteurs
et de spécialistes par une œuvre fantastique qui
fait mouche. « Le Crâne qui hurle » et «
Couchette supérieure » sont considérées
comme ses meilleures histoires...
Wharton (1862-1937)
Edith Wharton peut être considérée comme
une disciple d’Henry James. Son éducation européenne
la fit pencher pour des histoires de Ghosts (1937). Des histoires
qui par ailleurs se révèlent d’une qualité
exceptionnelle. Précisons que Wharton fut une femme de
lettres complète qui excella dans l’écriture
et signa de très nombreux textes, en grande majorité
éloignés du fantastique, dont le sublime Ethan
Frome (1911).